L'histoire d'Aveline

gilthonniel - - Personnages

Aveline, histoire courte

Par : Luke Kristjanson 

Texte original en Anglais : http://dragonage.bioware.com/da2/world/characters/aveline/

Traduction Dragon Age Saga par :Tearexx

Illustration par : Gilthonniel


 “Concentres toi."

Aveline

 "C’est mon tour de garde ; personne ne meurt ce soir”.

 Cette pensée était claire, et se répétait en elle au rythme de ses pas.


Aveline du Lac courrait à travers les ténèbres, ses yeux posés sur un feu au loin. Personne ne meurt ce soir.

Aveline était l'une des trente recrues affectées au poste en dehors de Dales End, un trou perdu qui n'avait pas vu de soldat du Roi depuis des années.

Leur commandant avait choisi cet endroit pour ses collines sans foi ni loi (les voleurs et les créatures étranges servaient d’entraînement au combat). Mais cette nuit c’était différent. Un écuyer blessé avait transmis un message ; des templiers étaient en danger. Soit par inconscience ou sans s’en rendre compte,six d’entre eux avaient pénétré dans une propriété à quelques lieues, et quelque chose de très grave était arrivé.

Le doute la gagna sur le chemin. Aveline l’oublia et continua à courir.

Cette nuit était son tour de garde, elle était encore en armure pendant que tout le monde dormait. Ses compagnons étaient rapides pour rassembler leurs armes et la suivre, mais la terreur qu’avait ressenti l’écuyer lui avait fait comprendre l’urgence de la situation, et Aveline était partie seule. Elle connaissait les risques (la mission de la semaine avait été d’éliminer les voleurs de grand chemin, pas de rendre le pays plus sûr pour y courir la nuit). Mais un soldat n’a pas toujours le luxe de s’inquiéter. Parfois, tout ce qui importe à une lance est sa destination.

Le doute s’empara d’elle à nouveau. Aveline l’ignora et continua à courir.

Des arbres tordus la menèrent à une clairière qui semblait porter la  lune au dessus d’elle.

A l’approche d’un petit manoir, un homme en difficulté, tenant fermement une épée courbée, les cheveux en bataille et trempés de sueur. Même à distance, Aveline pouvait voir que son armure de templier était brisée sur la gauche. Trois entailles au travers de la meilleure armure,  causées par  une arme inconnue.

Le doute la gagna. Elle le mit de côté sans réfléchir et s’agenouilla auprès du templier.

-Garde Royale. Nous avons entendu votre appel. Êtes vous seul ? Elle parla d’une voix monotone alors qu’elle se mit au travail, arrachant des morceaux de sa tunique pour bander ses plaies. Elles étaient profondes, mais la réponse du templier était emplie d’étonnement, et non de douleur.

-Par le Créateur, Messera ! Vous êtes couverte de sang de la tête aux pieds !

Aveline cligna des yeux et se regarda, puis le chemin qu’elle avait emprunté.

 

Du sang épais et noir laissait une trace d’où elle venait, les doutes auxquels elle avait à peine fait attention : des difformités aux mains crochues qui disparaissaient dans la terre, comme de la cendre liquide. Elle les avait ignorées, avait été inconsciente de ces attaques, elles avaient été automatiques. Elle ressentit un frisson à la vue de leur étrangeté, mais elle rangea sa peur dans un coin de son esprit.

 

-Nous devons partir d’ici, dit-elle, en remettant le templier sur ses pieds. Mais une fois relevé, il se tourna vers le manoir. Une lueur jaunâtre entourait la porte.

-Non, répondit-il, regagnant son équilibre. Se soutenant  à son épée au sol, il la releva à la force de son pied.

-S’il se manifeste complètement dans ce monde, jamais nous ne l’attraperons.

Aveline examina l’homme : Il était pâle, il saignait, et n’était pas le moins du monde effrayé. Elle n’avait jamais compris les templiers. Leur monde semblait si lointain du sien. Ses mots n’avaient pas de sens. Il pouvait tout aussi bien être fou. Puis il baissa la tête et ajouta calmement;

-Personne d’autre ne meurt ce soir.

 

Aveline le fixa du regard, reconnaissant le soldat sous l’armure. Il jeta un coup d’oeil derrière lui, le moindre tour , elle connaissait ce regard aussi : l’estime. Elle pouvait l’aider, et peut-être survivre.

-Très bien, templier, dit-elle, secouant la tête mais dégainant tout de même son épée. Ils fixèrent la porte pendant un instant, côte à côte. La lumière derrière la porte vibrait au rythme d’un battement de coeur malveillant.

-Ne croyez pas un mot de ce qu’il dit, prévint - il.

-Très bien, dit elle simplement. Il haussa un sourcil. Aveline lui lança un regard noir.

Soit on sait ce qu’on fait, soit on ne le sait pas.

Il acquiesça d’un air grave et se retourna vers la porte, mais elle pouvait deviner qu’il cherchait ses mots, comme si la bonne combinaison pouvait rendre cette rencontre normale.

-Sir Wesley Vallen, dit il. Et vous...?

-...J’attends d’être impressionnée.

 

Sa réponse était plus froide qu’elle ne le pensait, un instinct né de longues semaines en grossière compagnie. Il ne réagit pas, et cela la contraria alors elle se força à essayer à nouveau.

-Je suis Aveline, répondit elle, et vous pourrez m'impressionner plus tard.

Elle se senti embarrassée car sa réponse  semblait déplacée, elle se tint droite pendant quelques secondes avant de le regarder pour attendre une réponse. Le regard de Wesley restait fixé sur la porte, mais un sourire se dessinait lentement sur son visage. Une fois de plus, Aveline devina en quelque sorte ses pensées.

Ce brin de folie avait mis fin à l’atmosphère menaçante, peut être que leurs épées n’avaient pas été surpassées.

 

-Comme vous voudrez, répondit Wesley, avec un sourire qui avait l’air...Chaleureux.

Et par un attachement soudain l’un pour l’autre et avec une détermination à toute épreuve, ils défoncèrent ensemble la porte.

********

-Un chevalier tu dis ?

Benoit du Lac observait sa fille d’un oeil sombre, la voix mince mais avec un peu d’espoir. Aveline lui tint les mains tendrement, hésitant un peu elle dit :

-C’est un templier, père.

-Pfff, cracha t-il, alors il n’a pas de terre. Il ne te mérite pas !

Sa réponse résonna dans la salle, attirant les regards furieux des soeurs qui s’occupaient des patients. Aveline les ignora et regarda au-delà des portes de la Chantrie qui dissimulaient derrière elles l’agitation de Denerim. Elle soupira puis se retourna, craignant une querelle familiale. Mais le vieil homme s’était adouci alors qu’il s’allongeait sur le lit. Peut-être était-il fatigué par le prix à payer pour la victoire.

 

-C’est un homme bon ?

Elle leva les yeux vers le ciel, perdue dans ses pensées.

-Je crois que oui.

-Alors épouse- le, dit-il à contrecoeur.

Aveline eu un petit rire, elle dit en secouant la tête :

-Vous savez bien que je ne vous demandais pas votre permission.

Le vieil homme sourit, fermant les yeux.

-Je te reconnais bien là."

 


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